# Les incontournables pour une escapade dans le Périgord vert
Le Périgord vert, territoire méconnu du nord de la Dordogne, déploie ses paysages vallonnés aux portes du Limousin. Cette région verdoyante, inscrite dans le Parc naturel régional Périgord-Limousin, offre une alternative rafraîchissante aux circuits touristiques traditionnels du département. Avec ses forêts de châtaigniers, ses rivières poissonneuses et ses villages médiévaux préservés, cette destination invite à ralentir le rythme et à redécouvrir l’art de vivre à la française. Les amateurs d’authenticité y trouveront un territoire où l’artisanat d’art côtoie les savoir-faire ancestraux, où les tables gourmandes célèbrent les produits du terroir, et où chaque bourg raconte plusieurs siècles d’histoire. Entre patrimoine architectural remarquable et nature préservée, le Périgord vert réserve aux visiteurs curieux des expériences mémorables, loin de l’agitation des sites touristiques saturés.
Nontron et le pays nontronnais : patrimoine médiéval et artisanat coutelier
Capitale du Périgord vert, Nontron domine fièrement les gorges du Bandiat depuis son promontoire rocheux. Cette ville de caractère, sous-préfecture du département, conjugue harmonieusement patrimoine historique et savoir-faire artisanal. Son histoire remonte à l’époque celte, puis gallo-romaine, avant de devenir une forteresse médiévale stratégique. Aujourd’hui, Nontron séduit par son ambiance authentique, ses ruelles préservées et sa renommée coutelière qui traverse les siècles.
Le château de nontron et les vestiges de la cité médiévale
Le château de Nontron, édifice emblématique de la ville, abrite au rez-de-chaussée le Pôle Expérimental des Métiers d’Art, véritable vitrine du savoir-faire local. Ce lieu unique propose des expositions temporaires, des ateliers créatifs et des démonstrations de techniques artisanales traditionnelles. Vous pourrez y découvrir le travail du verre soufflé, la broderie d’art, le tissage ancestral ou encore la sculpture sur pierre. Les remparts médiévaux qui ceinturent la vieille ville témoignent du passé tumultueux de cette ancienne place forte. Ces fortifications ont résisté aux guerres de religion, à la Fronde, avant d’être partiellement démantelées à la Révolution. Une légende tenace affirme que Richard Cœur de Lion aurait été blessé lors du siège de Nontron, avant de succomber à ses blessures à Châlus.
La coutellerie traditionnelle nontronnaise et les ateliers labellisés EPV
La Coutellerie Nontronnaise perpétue depuis 1653 un savoir-faire exceptionnel dans la fabrication de couteaux traditionnels. Reconnue Entreprise du Patrimoine Vivant, cette manufacture emploie seize artisans qui maîtrisent l’ensemble du processus de fabrication, du forgeage de la lame au montage final. Le couteau de Nontron se distingue par son manche en buis pyrogravé, orné de motifs géométriques caractéristiques réalisés au fer chaud. L’atelier, situé à l’entrée de la ville, se visite librement et gratuitement. Un couloir vitré permet d’observer les couteliers à l’œuvre, qui fabriquent chaque pièce du début à la fin avec une patience et une méticulosité impressionnantes. Cette tradition coutelière, transmise depuis le XVe siècle, fait de
cet objet du quotidien un véritable symbole du Périgord vert. Pour prolonger la découverte, plusieurs ateliers d’art et maisons labellisées EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) ouvrent leurs portes dans le pays nontronnais. Maroquiniers, céramistes ou verriers d’art y proposent des visites commentées et, souvent, de courts ateliers d’initiation. N’hésitez pas à réserver en amont, surtout en été, si vous souhaitez façonner vous-même un petit souvenir artisanal à rapporter de votre escapade.
Le jardin des arts et la promenade des allées panoramiques
À quelques pas du château de Nontron, le Jardin des Arts occupe l’ancien glacis fortifié qui dominait la vallée. Réaménagé comme un belvédère paysager, il offre aujourd’hui un panorama spectaculaire sur les gorges du Bandiat et les collines boisées du Périgord-Limousin. Des œuvres contemporaines ponctuent le parcours et dialoguent avec les vieux murs de pierre, créant un contraste subtil entre patrimoine et création actuelle. C’est l’endroit idéal pour faire une pause, laisser les enfants courir sur les pelouses et profiter des jeux de lumière en fin de journée.
Dans le prolongement, la promenade des Allées panoramiques suit la ligne des anciens remparts. Ce ruban de verdure, ponctué de bancs et de points de vue, permet de prendre la mesure de l’implantation médiévale de Nontron, juchée au bord de son à-pic rocheux. On y accède facilement depuis le centre historique, ce qui en fait une balade accessible à tous, même avec une poussette. Le matin, la brume qui remonte de la vallée donne au paysage une atmosphère presque mystérieuse, tandis que le soir les couleurs se réchauffent et subliment les toits de tuiles.
Le marché hebdomadaire et les producteurs fermiers du terroir nontronnais
Impossible de séjourner à Nontron sans faire un tour sur son marché hebdomadaire, véritable concentré de terroir du Périgord vert. Entre les étals de volailles grasses, de veaux fermiers, de fromages de chèvre et de miel de bruyère, les producteurs locaux viennent vendre directement le fruit de leur travail. Vous y trouverez également des légumes de saison, des confitures maison et parfois quelques spécialités plus rares comme les conserves de canard ou les rillettes de truite. L’ambiance y est conviviale, rythmée par les discussions animées en patois et les conseils culinaires que les habitants partagent volontiers.
Autour de Nontron, de nombreuses fermes ouvrent ponctuellement leurs portes pour des visites ou des ventes à la propriété. Certaines proposent même des repas à la ferme, où l’on déguste sur place les produits de l’exploitation. Vous voyagez en famille ? Ces visites permettent aux enfants de voir de près les animaux et de comprendre le quotidien d’une ferme périgourdine. Pensez à prévoir une glacière dans votre coffre : entre le marché et les fermes, vous aurez vite fait de rapporter de quoi prolonger le goût du Périgord vert une fois rentré chez vous.
Brantôme-en-périgord : la venise du périgord et son abbaye troglodytique
À une trentaine de kilomètres au sud de Nontron, Brantôme-en-Périgord se découvre lovée dans un méandre de la Dronne. Surnommée la « Venise du Périgord », la ville est bâtie sur une île, ceinturée de ponts de pierre et de quais ombragés. Avec ses maisons anciennes se reflétant dans l’eau, ses terrasses en bord de rivière et son imposante abbaye, Brantôme fait partie des étapes incontournables d’un séjour dans le Périgord vert. C’est aussi un excellent point de départ pour explorer la vallée de la Dronne en canoë ou à pied.
L’abbaye bénédictine Saint-Pierre et ses grottes aménagées au VIIIe siècle
L’abbaye Saint-Pierre de Brantôme, fondée selon la tradition par Charlemagne au VIIIe siècle, est l’un des joyaux du patrimoine religieux de la Dordogne. Adossée à une falaise calcaire, elle présente la particularité d’intégrer des aménagements troglodytiques creusés directement dans la roche. Ces grottes, occupées dès le Haut Moyen Âge, accueillaient des cellules d’ermites, des lieux de prière et des espaces de stockage. Leur visite permet de comprendre comment les moines ont tiré parti du relief pour organiser la vie monastique au fil des siècles.
Parmi ces cavités, la grotte dite du « Jugement Dernier » impressionne par son étonnant décor sculpté. Un vaste bas-relief, probablement médiéval, met en scène des figures allégoriques et des personnages du Nouveau Testament dans une composition spectaculaire. L’atmosphère fraîche et légèrement humide des grottes contraste avec la luminosité du cloître et de l’église abbatiale, offrant une expérience de visite particulièrement complète. Pour profiter au mieux de l’ensemble, privilégiez une visite guidée qui replace l’abbaye dans le contexte des grandes réformes bénédictines et des guerres de Religion.
Le clocher campanile détaché et son architecture romane du XIe siècle
Inséré dans le rocher au-dessus des bâtiments conventuels, le clocher campanile de Brantôme attire immédiatement le regard. Isolé de l’église proprement dite, ce clocher du XIe siècle est considéré comme l’un des plus anciens de France. Son architecture romane, étudiée par Viollet-le-Duc au XIXe siècle, se distingue par une base dotée d’une protocoupole et par des chapiteaux carolingiens finement sculptés. De loin, l’édifice donne l’impression de surgir de la falaise, comme posé sur un socle naturel.
En flânant dans le parc des moines et le long des berges, on apprécie la silhouette élancée de ce campanile qui se reflète dans la Dronne. Le site est particulièrement photogénique au lever et au coucher du soleil, lorsque la pierre blonde se teinte de nuances dorées. Vous êtes amateur d’architecture romane ? Prenez le temps de détailler les ouvertures géminées et les modénatures discrètes qui témoignent de la transition entre l’art carolingien et le roman classique. Un détour par l’intérieur de l’église complètera la découverte de cet ensemble exceptionnel.
Les circuits canoë-kayak sur la dronne et les balades fluviales commentées
Brantôme est également réputée pour ses activités nautiques, accessibles à tous les profils de voyageurs. Plusieurs bases de canoë-kayak proposent des parcours sur la Dronne, rivière calme et sinueuse, idéale pour une première descente en famille. Les itinéraires entre Brantôme et Bourdeilles ou jusqu’au Moulin de Grenier offrent une succession de méandres, de petits rapides ludiques et de zones plus paisibles où l’on peut observer la faune. Herons cendrés, martin-pêcheurs et libellules accompagnent souvent les pagayeurs, surtout tôt le matin ou en fin de journée.
Si vous préférez une approche plus contemplative, des balades fluviales commentées en gabarre ou en bateau électrique sont organisées depuis les quais. En une heure environ, ces croisières permettent de faire le tour de la vieille ville, de passer sous les ponts, de longer l’abbaye et d’en apprendre davantage sur l’histoire de Brantôme et de la vallée de la Dronne. Les commentaires évoquent aussi bien les anciennes moulins que la biodiversité du site, classé en réserve mondiale de biosphère par l’UNESCO pour la qualité de son réseau hydrographique. Pensez à réserver en haute saison, surtout les créneaux de fin de journée très prisés.
Le dolmen de peyrelevade et les sites préhistoriques alentours
À quelques kilomètres de Brantôme, le dolmen de Peyrelevade rappelle que la vallée de la Dronne est occupée depuis la Préhistoire. Facilement accessible, ce monument mégalithique se compose d’une grande dalle de couverture reposant sur plusieurs orthostates. On imagine sans peine les communautés néolithiques qui, il y a plus de 4 000 ans, ont érigé ces structures funéraires monumentales. Le site, entouré de prairies et de bosquets, se prête bien à une courte halte lors d’un circuit en voiture ou à vélo autour de Brantôme.
Les environs recèlent également de nombreux vestiges préhistoriques et protohistoriques, parfois plus discrets : abris sous roche, tumuli, traces d’occupation gallo-romaine. Les musées de la région, notamment ceux de Périgueux ou de la vallée de la Vézère, permettent d’en comprendre la portée archéologique. Pour un séjour dans le Périgord vert, combiner la visite de Brantôme avec quelques sites de la préhistoire périgourdine offre un intéressant voyage dans le temps, des mégalithes aux abbayes médiévales.
Randonnées pédestres et circuits cyclables dans le parc naturel régional Périgord-Limousin
Le Périgord vert est un paradis pour les amateurs de randonnée et de vélo. Le Parc naturel régional Périgord-Limousin, qui couvre l’essentiel du nord de la Dordogne, propose un maillage dense de sentiers balisés. Entre plateaux de bruyères, forêts de châtaigniers et vallées encaissées, les paysages varient rapidement. Que vous voyagiez avec des enfants ou que vous soyez randonneur aguerri, vous trouverez des itinéraires adaptés à votre niveau. L’avantage ? Une fréquentation encore raisonnable, même en plein été, loin des grands flux touristiques du sud du département.
Le GR 36 et la traversée des forêts de châtaigniers centenaires
Le GR 36, qui relie la Manche aux Pyrénées, traverse le Périgord vert du nord au sud. Sur ce tronçon, le sentier serpente à travers de vastes forêts de châtaigniers et de chênes, ponctuées de hameaux et de petites exploitations agricoles. En empruntant quelques étapes du GR 36, vous goûterez à l’essence même du Périgord-Limousin : une campagne vivante, où bocages, ruisseaux et étangs composent un paysage intimiste. Les dénivelés restent modérés, mais les montées courtes et parfois soutenues suffisent à offrir de beaux points de vue.
Pour une journée de marche, il est possible de planifier des boucles au départ de bourgs comme Thiviers, Jumilhac-le-Grand ou La Coquille, en combinant le GR 36 avec des sentiers de pays. Pensez à vous équiper de bonnes chaussures et à emporter suffisamment d’eau, surtout en été, car les points de ravitaillement sont parfois espacés. Au fil du chemin, vous croiserez peut-être chevreuils, renards ou rapaces en vol : un peu comme si un documentaire nature se déroulait sous vos yeux, mais en version grandeur nature.
La voie verte Trans’Périgord-Limousin : 23 km d’ancienne voie ferrée aménagée
Pour une balade douce, accessible même aux cyclistes occasionnels, la voie verte Trans’Périgord-Limousin est une valeur sûre. Aménagée sur une ancienne voie ferrée, elle déroule environ 23 km de piste stabilisée, partagée entre piétons, vélos et parfois rollers. Sans forte pente, elle convient parfaitement aux familles avec enfants et aux vélos chargés de sacoches. Loin des voitures, on pédale en toute tranquillité au milieu des bois, des prairies et de quelques petites vallées.
Des aires de repos, tables de pique-nique et panneaux d’interprétation jalonnent le tracé, offrant autant de prétextes pour s’arrêter et observer le paysage. Vous voyagez avec un vélo à assistance électrique ? La voie verte est une excellente mise en jambes avant de partir à l’assaut de circuits plus vallonnés dans le reste du parc. Comme souvent sur les anciennes lignes de chemin de fer, les ouvrages d’art – petits ponts, tunnels, murs de soutènement – rappellent l’importance de ce couloir de circulation au XIXe siècle, aujourd’hui reconverti en corridor vert.
Les sentiers du circuit des abbesses et du château de Jumilhac-le-Grand
Au cœur du Périgord vert, Jumilhac-le-Grand est surtout connu pour son spectaculaire château aux toits hérissés d’épis de faîtage. Mais le bourg constitue également un excellent point de départ pour des randonnées thématiques. Le circuit des Abbesses, par exemple, suit une boucle à travers forêts, prairies et ruisseaux, en passant par d’anciens chemins utilisés autrefois par les religieuses et les habitants. Le parcours, bien balisé, offre de jolis points de vue sur la vallée de l’Isle et sur les reliefs arrondis du Périgord-Limousin.
D’autres sentiers permettent de combiner marche et visite culturelle du château de Jumilhac-le-Grand. En arrivant à pied par les hauteurs, on découvre peu à peu la silhouette féerique de la forteresse, presque comme dans un décor de conte. Après la randonnée, la visite guidée du château et de ses jardins, actuellement réaménagés dans l’esprit des plans d’origine, offre une pause culturelle bienvenue. Un bon conseil : prévoyez un pique-nique ou une collation, car les points de restauration sont limités en pleine nature.
Gastronomie périgourdine et tables gourmandes du périgord vert
Si le Périgord noir est souvent mis en avant pour sa gastronomie, le Périgord vert n’a rien à lui envier. Ici aussi, foie gras, confits, noix et truffes occupent une place de choix sur les tables, mais la cuisine se décline souvent dans une version plus rurale et intimiste. Les circuits courts, les marchés de producteurs et les petites exploitations familiales garantissent une grande qualité de produits. Pour un séjour réussi, alterner repas dans des fermes auberges, tables bistronomiques et restaurants plus raffinés permet de saisir toute la palette des saveurs locales.
Les fermes auberges et restaurants étoilés : du moulin de l’abbaye aux tables bistronomiques
Dans le Périgord vert, les fermes auberges restent l’un des meilleurs moyens de goûter une cuisine du terroir authentique. On y déguste des menus souvent uniques, élaborés à partir des produits de l’exploitation : volailles, porc, légumes du potager, fromages et parfois glaces fermières. L’ambiance y est conviviale et sans chichis, proche d’un repas de famille élargi. Ces adresses se méritent toutefois : mieux vaut réserver à l’avance, surtout en haute saison ou le week-end.
À l’autre bout du spectre, des restaurants de renommée, comme ceux installés à Brantôme, proposent une approche gastronomique du terroir. Le cadre raffiné de certains hôtels-restaurants en bord de Dronne, à l’image d’anciennes moulins transformés en adresses de charme, donne une dimension supplémentaire au repas. Entre ces deux extrêmes, les tables bistronomiques et les petits restaurants de village revisitent les classiques périgourdins avec créativité. Vous hésitez devant la carte ? Laissez-vous guider par les spécialités de la maison plutôt que par les plats trop généralistes.
La truffe blanche d’été et les marchés aux truffes de Saint-Jean-de-Côle
Si la truffe noire d’hiver est la plus célèbre, le Périgord vert met aussi à l’honneur la truffe blanche d’été, plus légère et subtile. Cette variété se récolte principalement de juin à septembre et parfume délicatement œufs brouillés, salades et fromages frais. Autour de Saint-Jean-de-Côle, de petites truffières familiales perpétuent ce savoir-faire, souvent associé à d’autres productions comme les noix ou les châtaignes. Les propriétaires proposent parfois des visites-découvertes avec démonstration de cavage par des chiens truffiers.
En saison, des marchés aux truffes organisés dans le secteur permettent aux restaurateurs comme aux particuliers d’acheter ce précieux champignon. L’ambiance y est plus confidentielle que dans les grands marchés d’hiver du Périgord noir, mais tout aussi passionnée. Vous souhaitez cuisiner la truffe chez vous ? Optez pour de petites quantités bien fraîches, à consommer rapidement, et demandez conseil sur la meilleure façon de la conserver et de la préparer. La truffe, c’est un peu comme une épice de luxe : mieux vaut en faire peu, mais bien.
Les conserveries artisanales et confits traditionnels du Périgord-Limousin
Autre pilier de la gastronomie locale : les conserveries artisanales, spécialisées dans le canard et l’oie. Installées dans tout le Périgord-Limousin, elles perpétuent des recettes de foie gras, confits, rillettes et pâtés transmis de génération en génération. La plupart disposent d’un espace de vente directe et, parfois, d’un petit circuit de visite permettant de découvrir les différentes étapes de la transformation. C’est une excellente option pour rapporter des spécialités du Périgord vert sans se soucier de la chaîne du froid.
Au-delà des produits issus du canard, certaines conserveries se sont aussi diversifiées dans les plats cuisinés et les spécialités végétales : soupes de légumes anciens, cèpes en bocal, confitures de fruits du verger. Comme une bibliothèque de saveurs, les étagères se remplissent de bocaux colorés, prêts à prolonger l’escapade périgourdine tout au long de l’année. Là encore, privilégiez les ateliers à taille humaine, qui travaillent avec des élevages locaux et respectent des méthodes de cuisson traditionnelles.
Villages classés et cités de caractère : Saint-Jean-de-Côle et bourdeilles
Le Périgord vert compte plusieurs villages classés parmi les « Plus Beaux Villages de France » ou labellisés « Village de caractère ». Saint-Jean-de-Côle et Bourdeilles font partie de ces perles architecturales à découvrir absolument. Tous deux offrent un condensé de ce qui séduit tant dans la région : une implantation médiévale, une architecture homogène, des ruelles fleuries et un environnement naturel préservé. Ils se visitent aisément en une demi-journée chacun, mais invitent à prendre le temps de flâner.
Saint-jean-de-côle : place médiévale et église byzantine Saint-Jean-Baptiste
Niché au creux de la vallée de la Côle, Saint-Jean-de-Côle semble tout droit sorti d’un décor de film historique. Classé parmi les « Plus Beaux Villages de France », il se distingue par ses façades ocre, ses toits de tuiles brunes et sa place centrale dominée par le château de la Marthonie. Ce dernier, dont les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle, se visite en été sur réservation. Le pont médiéval qui enjambe la Côle ajoute au charme du site, surtout lorsque les berges se couvrent de fleurs au printemps.
L’église Saint-Jean-Baptiste, d’inspiration romano-byzantine, présente un plan original avec une coupole centrale et des volumes massifs. À l’intérieur, la sobriété de la pierre contraste avec quelques éléments décoratifs plus raffinés. Pour mieux comprendre l’histoire du village, l’office de tourisme propose des parcours audio-guidés d’environ 50 minutes, ainsi que des visites accompagnées en saison. Vous aimez les balades lentes ? Laissez-vous simplement porter par les ruelles pavées, en levant les yeux vers les maisons à colombages et les encorbellements.
Le double château de bourdeilles : forteresse médiévale et palais renaissance
Au bord de la Dronne, Bourdeilles s’organise autour d’un ensemble castral exceptionnel : un double château associant une puissante forteresse médiévale et un élégant logis Renaissance. La forteresse, avec son donjon massif et ses remparts crénelés, rappelle le rôle stratégique de Bourdeilles, l’une des quatre grandes baronnies du Périgord. Le logis Renaissance, quant à lui, abrite une collection de meubles et d’objets d’art qui témoignent du raffinement de la noblesse périgourdine à l’époque moderne.
Depuis le sommet du donjon, un panorama à 360 degrés s’ouvre sur la vallée de la Dronne, les toits du village et la campagne environnante. En contrebas, le moulin seigneurial du XVIIe siècle, installé sur un îlot de la rivière, et le pont gothique offrent un décor de carte postale. Après la visite, s’installer en terrasse sous les tilleuls ou au bord de l’eau pour siroter un verre permet de prolonger la magie des lieux. Bourdeilles se prête aussi bien à une étape en journée qu’à une soirée plus paisible, une fois les excursionnistes repartis.
Les moulins à eau restaurés et l’architecture vernaculaire périgourdine
Autour de Saint-Jean-de-Côle, de Bourdeilles et de nombreux autres villages du Périgord vert, les moulins à eau témoignent d’une activité meunière autrefois intense. Certains ont été patiemment restaurés et se visitent, dévoilant leurs roues à aubes, engrenages et meules de pierre. D’autres ont été reconvertis en gîtes, chambres d’hôtes ou maisons particulières, tout en conservant leurs éléments architecturaux d’origine. Ces bâtiments, souvent posés au fil de l’eau, composent des paysages d’une grande douceur, typiques de la vallée de la Dronne et de ses affluents.
Plus largement, l’architecture vernaculaire périgourdine se reconnaît à ses murs en pierre calcaire, ses toits de tuiles canal ou de lauzes, et ses granges aux vastes portails voûtés. En sillonnant les routes secondaires, vous croiserez une multitude de hameaux, de fermes et de manoirs discrets, qui racontent chacun une page de l’histoire rurale locale. Pour qui sait prendre le temps de regarder, chaque linteau sculpté, chaque pigeonnier ou chaque four à pain dressé au bord d’un chemin devient un petit monument à part entière.
Activités nautiques et thermalisme sur la dronne et ses affluents
Outre la Dronne, véritable colonne vertébrale aquatique du Périgord vert, de nombreux affluents et plans d’eau complètent l’offre d’activités nautiques. Entre bases de loisirs, étangs aménagés et gorges plus sportives, chacun peut trouver le cadre qui lui convient. Les Bordelais et habitants des grandes villes voisines viennent volontiers chercher ici un bol d’air frais, le temps d’un week-end ou de vacances plus longues. La qualité de l’eau et la relative faiblesse de la fréquentation en font une destination de choix pour les amoureux de nature.
Les bases de loisirs, comme celle de Rouffiac, proposent un large panel d’activités : baignade surveillée en été, téléski nautique, paddle, canoë, mais aussi accrobranche et escalade sur site artificiel. Ces équipements, généralement interdits aux véhicules motorisés, garantissent une ambiance familiale et sécurisée. Dans les gorges de l’Auvézère, plus au sud-est du territoire, les descentes en kayak d’eau vive offrent une expérience plus sportive, encadrée par des moniteurs diplômés. C’est un peu le pendant « sensation » des promenades en canoë tranquilles de la Dronne.
Enfin, si le Périgord vert ne dispose pas de grande station thermale au sens classique, plusieurs sites valorisent les qualités de leurs eaux de source et de leurs environnements préservés pour proposer des séjours bien-être. Gîtes avec spa, chambres d’hôtes avec jacuzzi extérieur, hébergements insolites dotés de bains nordiques se multiplient. Après une journée de randonnée, de visite de château ou de canoë, se détendre dans une eau chaude en contemplant les forêts alentours est une manière idéale de clore la journée. De quoi donner envie de revenir, saison après saison, explorer d’autres facettes de ce Périgord vert encore discret mais résolument attachant.